Créé par la
loi n° 83-609 du 8 juillet 1983, à la suite d'un vote unanime du Parlement, cet
Office a pour mission, aux termes de la loi, "d'informer le Parlement des
conséquences des choix de caractère scientifique et technologique afin,
notamment, d'éclairer ses décisions". A cet effet, l'Office "recueille
des informations, met en œuvre des programmes d'études et procède à des
évaluations".
Alors que la science a longtemps été conçue comme une entreprise de savoir, et
non comme le principe d'une action, l'époque moderne a vu le développement des
sciences et des techniques permettant à l'homme d'agir sur la nature. De
spéculation, la science est devenue action. Mais, ce faisant, elle a suscité de
nouveaux problèmes et de nouvelles inquiétudes. Si hier encore on la laissait se
développer sans frein ni garde-fou en fonction du bien-être qu'elle était censée
assurer, on lui demande aujourd'hui de faire à l'avance la preuve de son
innocence.
De cette constatation est née l'idée d'une
évaluation de la technologie qui est apparue indispensable aux milieux
scientifiques et politiques. Il s'agissait de mettre en place des mécanismes
permettant de maîtriser le cours du progrès technique en anticipant ses
conséquences. Au début des années 1980, à l'occasion d'un certain nombre de
débats tels ceux concernant les orientations des programmes nucléaires, spatiaux
ou du plan "câble", le Parlement avait constaté qu'il n'était pas en mesure
d'apprécier en toute indépendance les décisions du Gouvernement sur les grandes
orientations de la politique scientifique et technologique.
Il a donc décidé de se doter d'une structure
d'évaluation qui lui soit propre : l'Office parlementaire d'évaluation des
choix scientifiques et technologiques. Créé par la loi n° 83-609 du 8
juillet 1983, à la suite d'un vote unanime du Parlement, cet Office a pour
mission, aux termes de la loi, "d'informer le Parlement des conséquences des
choix de caractère scientifique et technologique afin, notamment, d'éclairer ses
décisions". A cet effet, l'Office "recueille des informations, met en oeuvre des
programmes d'études et procède à des évaluations".
La structure de l'office
L'Office représente une structure
originale au sein du Parlement : cette délégation, dont les membres sont
désignés de façon à assurer une représentation proportionnelle des groupes
politiques, est commune à l'Assemblée nationale et au Sénat. Elle est composée
de dix-huit députés et de dix-huit sénateurs. Quant à la présidence de l'Office,
elle est assurée par un membre de l'une ou l'autre assemblée, de façon
alternative, pour une durée de trois ans, la loi précisant que le Premier
vice-président doit appartenir à l'autre assemblée.
L'Office peut être saisi soit par
le Bureau de l'une ou l'autre assemblée (à son initiative, à la demande d'un
président de groupe politique, ou encore à la demande de soixante députés ou de
quarante sénateurs), soit par une commission spéciale ou permanente. Jusqu'ici,
les problèmes abordés se sont répartis à peu près également entre quatre grands
thèmes : l'énergie, l'environnement, les nouvelles technologies et les sciences
de la vie.
Certaines saisines ont été
reconduites plusieurs années de suite - c'est le cas pour les problèmes liés au
contrôle de la sûreté et de la sécurité des installations nucléaires -. D'autres
ont demandé l'actualisation d'un précédent rapport de l'Office (évolution du
secteur des semi-conducteurs, télévision à haute définition numérique, déchets
nucléaires à haute activité, biotechnologies, etc.). La reconduction de ces
saisines permet à l'Office d'assurer un véritable suivi de certains dossiers.
L'Office constitue un
intermédiaire entre le monde politique et le monde de la recherche. Il se doit
d'être à l'écoute des milieux de la recherche et de solliciter des avis
autorisés. Ainsi, pour réaliser ses travaux, l'Office est assisté d'un
Conseil
scientifique qui reflète dans sa composition la diversité des disciplines
scientifiques et technologiques, puisqu'il est constitué de vingt-quatre
personnalités de haut niveau choisies en raison de leur compétence.
Les programmes d'étude
Toute saisine donne lieu à la
nomination d'un ou de plusieurs rapporteurs choisis exclusivement parmi les
membres de l'Office. Plusieurs études ont associé un député et un sénateur ou un
parlementaire de la majorité et un de l’opposition.
Une fois le rapporteur désigné, ce dernier effectue d'abord
une étude de faisabilité. Cette étude a pour objet d'établir un état des
connaissances sur le sujet, de déterminer d'éventuels axes de recherche,
d'apprécier les possibilités d'obtenir des résultats pertinents dans les délais
requis, et enfin de déterminer les moyens nécessaires pour engager un programme
d'étude.
Le
rapporteur soumet ensuite aux membres de l'Office les conclusions de son étude
de faisabilité qui doit être accompagnée d'une réflexion méthodologique. Il
propose alors : soit de ne pas poursuivre les travaux, ce qui ne se présente que
très exceptionnellement ; soit de suggérer à l'auteur de la saisine une nouvelle
formulation (une saisine portant initialement sur les biocarburants a ainsi été élargie aux perspectives du développement des
productions agricoles à usage non alimentaire) ; soit, c'est de loin le cas le
plus fréquent, d'engager un programme d'étude conduisant à l'établissement d'un
rapport.
Le rapporteur
procède ensuite à des auditions qui lui permettent de recueillir, sans
exclusive, les opinions de toutes les personnes et de toutes les organisations
concernées. Il peut également se rendre sur place pour visiter, en France et à
l'étranger, des installations et des entreprises en relation avec le sujet à
traiter.
Pendant toute
la durée de son étude, le rapporteur est assisté d'un fonctionnaire
parlementaire et, le cas échéant, d'un groupe de travail composé de
personnalités compétentes extérieures au Parlement. Il peut également engager
des experts et des bureaux d'étude indépendants, français ou étrangers, pour
procéder à des investigations et pour mener des études sur des points
particuliers. Il peut aussi recueillir l'avis d'organisations syndicales ou
professionnelles, ainsi que d'associations de protection de l'environnement ou
de défense des usagers et des consommateurs.
Les rapports
de l'Office ne se limitent cependant pas à juxtaposer des points de vue
d'experts. Étant l'oeuvre de parlementaires, leurs conclusions peuvent aller
au-delà de la simple information et comporter des propositions et des
recommandations.
Si le
rapporteur l'estime nécessaire, des auditions publiques, ouvertes à la presse,
sont organisées afin de recueillir, voire de confronter, les avis des
personnalités et organisations désirant s'exprimer sur la question traitée. Le
compte-rendu de ces auditions publiques peut ensuite être annexé au rapport.
La loi donne
aux rapporteurs de l'Office des pouvoirs identiques à ceux des rapporteurs
budgétaires : ils peuvent donc procéder à des contrôles sur pièce et sur place
dans tous les organismes dépendant de l'État, et se faire communiquer tous les
documents de service, à l'exception de ceux concernant la défense nationale ou
la sécurité de l'État. De surcroît, en cas de difficultés dans l'exercice de sa
mission, l'Office peut demander, pour une durée n’excédant pas six mois, à
bénéficier des prérogatives attribuées aux commissions d'enquête parlementaire.
A l'issue de leur étude, les
rapporteurs soumettent leur projet de rapport et leurs conclusions, présentées
de façon à ce qu'elles puissent être directement utilisables pour le travail
législatif ou pour la discussion budgétaire, aux membres de l'Office. Ces
derniers se prononcent sur la publication de ces travaux et de tout ou partie
des comptes-rendus d'auditions et des contributions des experts. Il faut noter à
cet égard que les décisions de l'Office sont prises le plus souvent à
l'unanimité, l'Office se caractérisant par le caractère consensuel de ses prises
de positions.
Les documents émanant de
l'Office, qui forment une collection spécifique dans l'ensemble des rapports
parlementaires, sont en vente notamment au Kiosque de l'Assemblée nationale et à
l'Espace Librairie du Sénat, ainsi qu'au Journal Officiel. Ils sont également
consultables sur les sites Internet des assemblées.
Les activités générales et internationales
L'Office est devenu
progressivement un instrument efficace de l'action parlementaire. Plusieurs lois
prévoient soit son information, soit sa participation dans la désignation de
représentants du Parlement au sein de diverses instances, soit enfin sa
représentation, par son Président ou par l'un de ses membres, au conseil
d'administration de différents organismes.
Il est également devenu un
interlocuteur reconnu par l'ensemble de la communauté scientifique et entretient
des liens continus avec elle. Les manifestations associant l'Office
parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques et des
organismes de haut niveau - Académie des sciences, CEA, Cité des Sciences et de
l'Industrie, CNRS, etc. - en sont l'illustration.
Chaque année, plusieurs colloques
et journées d'étude sont organisés par l'Office, soit en relation avec un de ses
rapports, soit sur un thème scientifique ou technologique.
Enfin, l'Office contribue aussi
au développement des relations parlementaires internationales et participe, en
particulier au niveau européen, à divers congrès et manifestations. C'est ainsi
notamment qu’a été créé un réseau de concertation et d'échange d'information,
l'"European Parliamentary Technology Assessment" (EPTA), qui regroupe les
organismes européens chargés de conduire les évaluations scientifiques et
technologiques pour les Parlements nationaux et pour le Parlement européen.
__________________
Voir aussi :
Composition de l'office
- Rapports de l'office
:
index chronologique
-
index
thématique
Conseil scientifique de l'office des
choix scientifiques et technologiques
Office
parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques sur le site du Sénat
Bulletins de l'office,
sur le site du Sénat
20ème anniversaire de l'office (11 mai 2004)